Le Brésil: un cas pour donner envie de relever le défi ...
Le Brésil est le plus gros consommateur d'éthanol dans le monde. Non pas que les brésiliens sont tous des alcoliques, mais parce que ce pays a choisi la voie des bio-carburants comme additif stratégique à l'essence et au diesel. Pour cela, dès le début de la crise pétrolière de 1970, le Brésil a misé sur une politique énergétique intérieure ambitieuse, avec l'obligation d'intégrer de l'éthanol dans les carburants des automobiles, à hauteur aujourd'hui de 25 %. Par ailleurs 20% des véhicules roulant dans le pays utilisent de l'éthanol pur à 100% comme carburant.
A travers ce positionnement, outre la recherche à alléger sa facture pétrolière, et la réduction importante des gaz à effet de serre, le Brésil est ainsi devenu le 3ème exportateur mondial de produits agricoles, après les Etats-Unis et l'Union européenne. Il sera sans aucun doute le premier producteur mondial de produits agricoles à l'horizon de 10 ou 12 ans.
La production de canne à sucre occupe plus de 5 millions d'hectares au Brésil, soit près de 10 % des surfaces cultivées. Le Brésil, premier producteur de canne au monde, est aussi le plus efficace. Ainsi, le coût de production de la canne à sucre est de l'ordre de 150 à 180 dollars par tonne, alors que d'autres grands exportateurs comme l'Australie et la Thaïlande ont un coût de revient de 335 dollars la tonne et que ce coût dépasse 700 dollars la tonne dans l'Union européenne.
Produit dérivé de la canne à sucre, l'alcool est également très compétitif. Le coût de production moyen de l'éthanol au Brésil est de 0,19 dollar par litre, contre 0,55 dollar par litre en Europe. Le Brésil cherche, aujourd'hui, à créer un marché international de l'éthanol, afin de libérer de l'espace sur les marchés internationaux pour ses exportations de sucre.
Au Maroc, toute politique favorisant d'une part le développement rurale et l'employabilité et permettant d'autre part d'alléger la facture pétrolière serait bien évidemment la bienvenue. Notre pays explore les possibilités, et mise aujourd'hui sur le tourisme, l'agro-alimentaire, le désenclavement des régions et les infrastructures logistiques (ports, autoroutes... ).
En plus, il pourrait chercher à réduire sa dépendance pétrolière en favorisant le développement d'une filière agricole dynamique, à travers:
- des coopératives de production de canne à sucre (ou toute autre biomasse, plus adéquate au climat et à la qualité du sol), s'étendant à quelques 100.000 hectars supplémentaires;
- des unités de distillation pour produire de l'éthanol à des fins énergétiques,
- une politique favorisant le mélange progressif du carburant avec de l'éthanol ( l'essence ou le diesel mélangé à 5% d'éthanol, ne nécessite quasiment pas de modification des moteurs automobiles, puis ce serait 10%, et ainsi de suite, pour atteindre 20% ou 25% dans les prochaines 20 années)
L'économie sur la facture pétrolière estimée à 2.4 Milliards de Dirhams par an (avec un mélange à 10% d'éthanol), valorisée aux coûts actuels du baril, suffirait à elle seule à mettre en place toute une filière et miser en plus sur le développement humain dans le monde rural.
Enfin, en misant sur la proximité avec l'europe, et considérant les tendances stratégiques de la politique énergétique européenne, il est clair que l'europe constitue un énorme marché potentiel d'éthanol. Encore faut il, chez nous, s'y préparer et mettre en place, dans ce domaine, une startégie ambitieuse alliant productivité et efficacité.
1 commentaire:
C'est un très bon article mais j'aimerais bien que vous m'informiez à propos des relations entre la production d'éthanol au Brésil et le développement durable.
Merci d'avance!!!!!
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