06 mars 2006

2,4 Milliards de Dirhams, Est ce facile à trouver ?

Résumé: La hausse du prix de pétrole semble être une fatalité, subie par les pays non producteurs comme le Maroc. Ne serait-il pas intéressant, dès aujourd'hui, de réflechir et expérimenter quelques moyens pour en alléger l'impact ?

Le Maroc est un pays très fortement dépendant de ses importations en pétrole, et cela ne risque pas de changer de sitôt. A environ 55 $ le baril, ce sont quelques 7,5 milliards de Dirhams dépensés en plus en 2005, uniqument pour raison de hausse pétrolière: c'est en langage comptable, une charge supplémentaire, aggravant d'avantage notre déficit.

Que pouvons nous faire alors ?
Je laisse aux spécialistes le soins de faire des calculs sorciers, pour trouver des modèles économiques ingénieux.

Pour ma part, j'ose croire qu'il est tout à fait possible de réduire la facture pétrolière, tout en développant le monde rural, et je voudrais partager ma pensée avec vous.

Faisons tout d'abord un petit calcul:
1- Nous consommons annuellement quelques 6.500.000 tonnes de pétrole par an avec une croissance annuelle moyenne de + de 16% (source: direction des études et des prévisions financières du ministère des finances marocains)
2- à 55 $US (prix moyen du baril admis en 2005) , le Maroc a dépensé 828,7 millions de $US de plus que l'année précédente. Soit la bagatelle de 7,5 Milliards de Dirhams.
3- Il n'y a aucune raison pour que l'augmentation du prix du pétrole cesse: Entre 1999 et 2005 il est passé de 75 $ à environ 410 $ la tonne, soit une hausse de 446% !
4- Il n'y aucune raison non plus, que le Maroc réduise ses besoins en energie. Notre pays est jeune et en pleine croissance. Son besoin en énergie et donc en pétrole ne fera qu'augmenter dans les années qui viennent.
5- Par contre, si nous trouvons le moyen de remplacer, par autre chose, ne serait ce qu'une proportion de ce pétrole: disons 10%, ce sont quelques 650.000 tonnes d'économie, soit au prix actuel 265 million de Dollar, ou si vous préférerez: 2,4 Milliard de Dirhams. (1$US=9DH).

Maintenant, posons nous la question: Qu'est ce que l'on peut faire avec 2,4 Milliard de Dirhams ?
Les réponses sont vite trouvés, et il y'a tellement à faire au Maroc.
Mais l'une d'entre elle serait peut être de chercher le moyen d'alléger cette facture pétrolière, tout en favorisant le développement humain, notamment en milieu rural.

Certains pays l'ont vite compris, et ce depuis le choc pétrolier de 1975. Ils ont alors développé ce que l'on appelle des bio-carburants, comme l'éthanol:
- Au Brésil, aujourd'hui premier producteur de bio-éthanol dans le monde, 25% du pétrole pour les voitures est déjà remplacé par l'éthanol.
- Aux USA et Canada, les gouvernements ont entrepris de profondes réflexions allant dans le même sens. Aujourd'hui, au Canada à titre d'exemple, 10% des stations de service distribuent le E85 (essence mélangé à 15% d'éthanol fabriqué à partir de blé ou de maïs);
- Et enfin en europe, 10% du carburant pour véhicules sera remplacé par de l'éthanol à échéance 2010.

l'éthanol ou plus précisément le bio-éthanol est fabriqué à partir de plantes, selons des procédés connues des spécialistes. La canne à sucre (au Brésil), le blé ou le maïs (aux USA et Canada), ou encore des déchets agricoles sont ainsi transformés pour produire du sucre, lequel est distillé pour produire de l'éthanol. C'est donc un produit biologique. D'ou la dénomination: bio-carburant.

Mélangé à 5% (et jusqu'à 10%) avec du carburant classique, le bio-éthanol ne nécessite pas de modifications majeures dans les moteurs des voitures.
Par ailleurs, sa combustion produit de l'eau et du CO2, et n'est donc pas polluante. Ainsi, le bio-éthanol dans nos voitures contribuerait efficacement à la réduction de la pollution dans nos villes.
Et enfin, produit à partir de plantes telles que la canne à sucre (à raison de 5 à 6.000 litre / hectare), le besoin du Maroc en bio-éthanol permettrait de planter quelques centaines de milliers de hectares de canne à sucre supplémentaires.

C'est donc, un excellent moyen pour développer le milieu rural, tout en préservant la planète et faisant des économies.

Avec une économie de 2,4 Milliard de Dirhams par an, on peut à la fois monter des usines pour la fabrication du bio-éthanol, et développer queqlues centaines de milliers d'hectars de terrains agricoles, créant ainsi une filière parfaitement écologique, et donnant par la même occasion du travail à des milliers de personnes dans le Maroc rural.

Cela s'appelle du développement durable.
Maintenant, la question qui se pose. Comment y parvenir ? et à quelle porte taper ?

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonjour.
J'ai fait plusieurs recherches sur le bioéthanol, si ce produit est le sujet de discution actuel dansn les pays développés, ce n'est pas le cas pour les autres qui ne connaisent même pas ce produit.
Il y a un vide juridique dans les pays en voie de développement concernant le bioéthanol, car non connu, alors que dans les pays développés des aides sont donnés aux agriculteurs, des exonérations des volumes de bioéthanol, ainsi que les industriels.
Le moyen de financer un projet comme celui-là, qui plus est très important grâce aux avantages qu'il offre, est très difficile, il faut qu'il rentre dans le cadre du développement économique et rural(indépendance aux hydrocarbures, résorbtion du chômage, recul de l'exode rural, moins polluant...). Mais pour financer un projet pareil, l'argument est la rentabilité, alors que tout le monde sait que cette rentabilité n'est atteinte qu'en économie d'échelle. C'est pour cela qu'il faut valoriser les produits associés qui résultent de cette industrie et insister sur l'impact économique et écologique de cette industrie, ainsi que sur l'éco-bilan, sachant que le meilleur est celui des huiles végétales.
Bon courage.

Anonyme a dit…

Bonjour,
Savez-vous où est-ce qu'on pourrait en acheter au maroc. En effet je compte acheter un poele qui fonctionne au bio-ethanol, mais j'ai peur de ne pas pouvoir m'en procurer ici.

Merci d'avance
Asmaa